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Inspiration, expiration, inspiration, expiration… Je viens d’arriver après un long parcours à pieds qui a duré 30 minutes ; trente longues minutes à penser à tout ce qui s’est passé aujourd’hui… J’ai pensé au sourire timide de Mona, aux idées démoniaques de Farah. J’ai pensé à Sandra, toujours prête et généreuse, à Cynthia qui semait la joie un peu partout et à Nayla qui a choqué celles qui ne la connaissaient pas vraiment par sa capacité à discuter, refuser, convaincre. J’ai pensé à Diana qui insistait et combattait pour que ses projets soient faits. J’ai pensé à Carine et à sa claustrophobie, à Sarah qui ne cessait de parler, comme dans son mur. J’ai pensé à la force physique de Souraya malgré son look très féminin. J’ai pensé à Krystel qui mesurait, traçait et jouait à l’architecte. J’ai pensé à moi, aux scènes qui me sont venues à l’esprit au moment où j’ai reçu la mauvaise nouvelle, aux sentiments que j’ai eus lorsque j’ai su que le spectacle n’allait plus se faire, en tout cas pas maintenant, pas dans un futur proche, peut être pas cette année.
Plus rien autour de moi ne bougeait, l’espace qui s’agitait depuis que mon groupe et moi l’avions conquis s’est immobilisé soudain. Plus un mouvement, sauf quelques ombres que je voyais floues. Tout d’un coup je n’entendais plus rien que des murmures lointains, incompréhensibles. Toujours flous, je voyais des masques qui m’entouraient, immobiles, sans expression comme ceux du groupe d’Antonio. Plus rien ne me semblait réel. Puis mon imagination me ramena dans un passé proche, flashback sur les journées passées au sein de l’ALBA. Je me suis souvenue du début, c’était un commencement avec plein de confusion, de stress, de brainstorming (à la Cynthia), de construction, d’échecs et de réussites, de débats, d’arguments. Je me suis souvenue des moments vécus et des sentiments qu’on avait partagés, de l’impatience qu’ont avait en attendant la correction des profs et leurs remarques infinies, contradictoires et parfois schizophrènes. Et puis, j’ai eu un petit flashback sur moi, moi qui me levait tôt chaque matin toute seule pour aller à l’ALBA, moi qui revenais à la maison le plus tard possible pour passer plus de temps à l’ALBA, moi, l’enthousiaste, qui regardais les photos du making of BAALBECK 07 sur Facebook chaque soir, et qui consultais les livres et recherchais sur Internet des œuvres d’art contemporain, moi qui, la nuit dernière, avait trouvé un cône similaire à celui de mon groupe fait par MARIO MERZ (Cono) en 1986 et voulais le monter aux membres de mon groupe, moi qui me demandais tous le temps ce que Carine allait ressentir quand elle serait emprisonnée dans notre cône… C’est à ce moment là que, au 4ème étage, vers 15h, j’ai compris la claustrophobie de Carine ; la chambre rétrécissait, comme si les murs se refermaient sur moi, et cette fois, je savais que je ne pourrais pas me glisser dessous.
Bon alors je me sens fatiguée, épuisée, un verre de Diet Sprite/Perrier n’a rien arrangé à ma journée, ni ces trente minutes de marche. Dormir, rêver, attendre une inspiration...

k.n.PUB2